Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /Nov /2009 18:25
j'ai découvert en Florence, historienne émérite, une humaniste, et avec son livre, un roman fort sur l'euthanasie, l'immigration, les problèmes des bnalieues...
j'ai eu la chance qu'elle m'invite à son côté lorsqu'elle va parler de son livre à Montpellier, où elle habite, et c'est un vrai bonheur de l'entendre.
un grand coeur, une militante pour les droits de l'homme, pour la liberté, pour l'amour (universel). Que la religion soit une religion d'amour, pour soulager les souffrances, pour s'aimer les uns les autres dans nos différences, que chacun évite les excès des dogmes, que les femmes et les hommes utilisent leur cerveau pour réfléchir, critiquer, penser par eux-mêmes... un vaste programme...
alors qie vous avez un moment pour découvrir ce livre, n'hésitez pas...
vous comprendrez Marie Humbert, vous comprendrez pourquoi la légalisation de l'euthanasie est indispensable...malgré les réticences, les calomnies et les violences des intégristes religieux de tous bords...
Par admd34
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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 20:06
 

je lis dans le figaro du 17 nov:

 

Jean Leonetti, député des Alpes-Maritimes, qui interviendra lors de la séance parlementaire, s'insurge contre l'idée que le texte débattu va plus loin que la loi de 2005.

«On va ailleurs. Il y a deux démarches différentes qui sont en jeu.

L'une relève de l'éthique de l'autonomie, “c'est mon choix” ; l'autre de l'éthique de la vulnérabilité, “on doit soutenir le plus faible”, explique-t-il.

C'est quand même un paradoxe qu'une partie de la gauche estime que l'on peut supprimer les plus vulnérables.

 

CE SONT DES ACCUSATIONS GRAVES, NON JUSTIFIEES

Certes, M. Leonetti a été à la tête de la loi de 2005, le gouvernement l'a nommé pour la revoir (comme si on pouvait être capable de revoir soi-même sa copie?), il défend évidemment sa position comme étant la seule bonne! mais il suit ainsi les accusations de ses amis du Vatican, "l'alliance pour les droits de la vie", oubliant ainsi le devoir de réserve d'un élu de la République vis-à-vis de la religion.

 Nous , l'admd, les députés de gauche et ceux de droite qui défendent ce projet,

nous n'avons jamais dit qu'il ne fallait pas porter assistance aux plus faibles,

nous disons seulement qu'il faut respecter leurs volontés,

que ce n'est pas aux autres de décider à leur place.

Ce n'est pas parce qu'on est "faible" qu'on perd son humanité et sa volonté.

On doit soutenir celui qui souffre, l'aider à ne pas souffrir, si c'est possible (cela ne l'est pas toujours), mais d'abord être à son écoute:

Certains, certes, refusent l'idée qu'ils vont mourir et souhaitent prolonger leur vie le plus possible (la loi interdit quand même l'acharnement thérapeutique), y compris par un coma inconscient (euthanasie indirecte: loi du double effet... hypocrisie totale...) si c'est le seul moyen de soulager leurs souffrances

(encore faut-il croire que la personne dans le coma ne ressent pas ses souffrances, moi, j'en doute, parce que de nombreux cas sont rapportés de personnes revenues du coma qui se souviennent de tout ce qu'ils ont ressenti, y compris leurs souffrances!)

Mais d'autres, parfaitement conscients de leur mort prochaine, souhaitent éviter le coma de la sédation, et préfèrent une euthanasie directe, dès lors que leurs souffrances (et n'oublions pas la souffrance morale) ne peuvent pas être soulagées.

Qui se permet de dire que les uns ont raison et les autres ont tort?

Qui se permet de juger de la vie des autres?

Les grands pontes de la médecine?

M. Leonetti?

L'industrie pharmaceutique (qui reste dans l'ombre, mais dont on devine les intérêts)

Les propriétaires privés des maisons de retraite?

Les chercheurs, qui perdent une manne de cobayes? (dit autrement dans le discours de l'assemblée...: l'acharnement thérapeutique a permis l'avancée de la recherche médicale...)

Pourquoi la loi est-elle faite pour les médecins et pas pour les malades?

Ce n'est pas une loi républicaine, elle ne respecte pas la liberté, l'égalité, la fraternité, seules garantes de l'identité française (à la mode).

Pourquoi la loi dit-elle que le médecin est seul juge de ma vie? qu'il doit tout faire pour prolonger ma vie, même contre mon gré?

Pourquoi la loi dit-elle que toute personne en fin de vie est un incapable, incapable de juger de sa qualité de vie et de ses choix?

Certes, elle ne l'exprime pas sous cette forme, mais le résultat est celui-là.

Or, si certains sont inconscients ou déments (c'est le terme médical que le médecin de mon père a exigé...), et encore, ils peuvent avoir écrit leurs volontés tout au long de leur vie, auparavant, d'autres sont parfaitement conscients et peuvent s'exprimer. Il n'y a aucune raison de les infantiliser, comme on le fait trop souvent.

Par admd34
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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 12:50
 

SIX RAISONS DE LÉGIFÉRER par André COMTE-SPONVILLE

membre du comité de parrainage de l'admd

 

Certes, c'est la vie qui vaut, mais elle vaut d'autant plus qu'elle est davantage libre.

C'est en ce sens que le Comité consultatif national d'éthique a raison de parler d'une exception d'euthanasie. Qui dit exception dit règle.

La règle, évidemment, c'est le respect de la vie humaine, mais

respecter vraiment la vie humaine c'est aussi lui permettre de rester humaine jusqu'au bout,

c'est-à-dire jusqu'à la mort inclusivement.

 

1) Celui pour lequel il faut une loi, c'est l'idéal républicain: liberté, égalité, fraternité (ou solidarité)

On ne peut pas accepter qu'une loi soit régulièrement et publiquement violée sans sanction.

A chaque fois qu'un médecin, des dizaines de médecins aujourd'hui disent « j'ai pratiqué l'euthanasie, je pratique l'euthanasie, je vais continuer », aucun n'est sanctionné.

C'est un mauvais coup contre la République, contre la démocratie, contre l'éducation de nos enfants.

Il faut, soit sanctionner ces médecins, soit changer la loi.

Je propose qu'on change la loi.

 

2) L'euthanasie existe de fait et elle est très loin d'être exceptionnelle. Je rappelle les chiffres donnés par le professeur François Lemaire qui dirige le service de réanimation de l'hôpital Henri Mondor : sur 50 % des décès dans les services de réanimation, 50 % relèvent de l'euthanasie passive, et 10 % du total relèvent de l'euthanasie active, à savoir d'injections avec intentionnalité de décès. C'est considérable, 10% !

Autrement dit, quand bien même l'euthanasie resterait une exception pour la très grande majorité des médecins (qui n'approchent pas nécessairement la mort ni la fin de vie)

à l'échelle de la société ce n'est plus une exception. Dès lors, on ne peut plus accepter de laisser cette question dans le silence de la loi (pour laquelle l'euthanasie n'existe pas...)

 

3) Faire une loi sur l'euthanasie est la seule façon de la contrôler réellement et de combattre d'éventuelles et déjà réelles dérives.

On ne dira jamais assez qu'il y a dans notre pays des services où l'on pratique l'acharnement thérapeutique, c'est vrai, mais aussi d'autres services où l'on pratique l'euthanasie à la sauvette et de manière abusive.

On m'a rapporté un nombre énorme de cas de patients conscients, euthanasiés sans qu'on leur demande leur avis. Ce n'est pas de l'euthanasie, c'est un assassinat !

La seule façon de contrôler l'euthanasie, c'est qu'il y ait une loi : dès lors que l'euthanasie est censée ne pas exister, aucun contrôle n'est possible. Comment voulez-vous contrôler le néant ?

Reconnaissons que l'euthanasie existe, légiférons justement pour combattre le risque de dérive et pour instaurer un certain nombre de contrôles en amont et en aval.

De ce point de vue, les exemples des Pays-Bas et de la Belgique, du Luxembourg, sont tout à fait intéressants.

 

4) Un argument de justice sociale.

On ne peut accepter qu'il y ait dans notre pays une mort à deux vitesses.

Certains, parce qu'ils ont les moyens de choisir leur clinique, parce qu'ils connaissent des médecins peuvent choisir une mort douce.

A l'inverse, d'autres, des millions de gens qui ne sont pas maîtres de leur mort, me paraît un scandale social.

 

5) Nous ne pouvons pas laisser aux médecins ni aux proches des malades le poids d'une telle responsabilité, ou en tout cas, et pour mieux dire, nous ne pouvons pas les laisser porter seuls cette responsabilité. Personne ne peut bien sûr les en dispenser, mais

il faut au moins que le corps social, c'est à dire la démocratie donc la loi dans l'Etat de droit, assume collectivement cette responsabilité afin que les médecins, d'une part, et les proches, d'autre part, puissent ensuite individuellement assumer la charge qui leur revient, la décision du choix de la fin de vie devant rester celle de la personne concernée.

 

6) Le plus désagréable, le plus glauque, mais enfin il faut bien en parler aussi.

C'est le coût économique de l'acharnement thérapeutique.

Un médecin me disait que la moitié de ce que dans notre existence, nous allons coûter à la Sécurité sociale, nous le lui coûterons dans les six derniers mois de notre vie.

Quand c'est pour six mois de bonheur, ou simplement de bien-être relatif, ceci vaut largement le coût.

Quand c'est pour six mois d'agonie pour quelqu'un qui, au contraire, supplie qu'on l'aide à mourir, je trouve que c'est payer un peu cher ces six mois de malheur et d'esclavage.

Par admd34
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